17 jours en Cornouailles et dans le Devon

un air de paradis…

Au mois de mai, avec nos amis Martine et Yvon, nous partons pour un périple d’une quinzaine de jours qui doit nous mener de l’autre côté de la Manche, en Cornouailles et le Devon, et si possible dans l’archipel des Scilly si les conditions météorologiques et de navigation le permettent.

Préparer la nav c’est sérieux …

C’est le 15 mai que nous quittons Binic à l’ouverture de la porte à 17H30 pour aller passer la nuit à Bréhat, les conditions étant idéales pour la traversée de la Manche le 16 mai.

Après une navigation tranquille, sous un beau soleil et un petit vent de travers qui nous pousse à une moyenne de 8 nœuds, nous atteignons La Corderie à Bréhat à 20 heures 45. La mer est calme lorsque nous prenons la bouée, mais la houle va se lever dans la nuit, perturbant quelque peu le sommeil de nos amis, mais pas le nôtre …

Une occasion de faire une photo un peu originale depuis notre mouillage. Le quizz du jour: qu’est-ce-que c’est?

Note: Les vidéos de cette croisière sont disponibles soit par un lien dans cet article, soit dans la section Vidéo de ce blog. De même, ces photos et d’autres sont visibles dans la galerie « Cornouailles et Devon » (voir la section ‘Photos 2019’).

16 Mai: la traversée

Nous quittons notre mouillage de la Corderie vers 8 heures. Après les 2 premières heures passées en mode voile + moteur, nous bénéficions enfin du minimum de vent une fois passé au large de la cardinale nord La Jument des Héaux, et nous pouvons passer en mode voile. Au grand plaisir de tous à bord. Les conditions sont toujours extrêmement favorables, et c’est avec beaucoup de  plaisir et un peu d’appréhension tout de même que je me prépare à réaliser mon premier quart de nuit.

La traversée du rail est impressionnante, les cargos sont à surveiller sur l’écran de l’ordinateur de bord…. Et il faut aussi garder les yeux bien ouverts! La nuit est claire, le vent est modéré , il y a peu de houle et GAMA glisse sur l’eau à bonne allure.

Le trafic dans le rail

Comme le voilier a priorité sur les navires au moteur, les navires croisés anticipent largement la route évitant la collision. Mais dans certains cas, la marge est faible! Pour la nuit, les quarts sont organisés par période de 3 heures chacun avec recouvrement à mi-période.

17 Mai : St Agnes et St Mary’s

Arrivée dans l’archipel des Scilly à 6h, après 144 NM, et mouillage à 6h30

C’est ainsi qu’après 22 heures de navigation et  145 milles parcourus, ce qui fait une moyenne de 6,80 nœuds, nous atteignons notre premier mouillage à l’île de St Agnès à 6 heures 30 (FR time), et nous jetons l’ancre dans l’anse de Little Hakestone.

L’archipel des Scilly, situé à l’extrémité Sud Ouest de la Grande Bretagne, est composé de cinq îles habitées, St Mary’s, St Martin’s, St Agnes, Bryher et Tresco, et de quelques 150 îlots et rochers.

Le soleil se lève et nous découvrons une mer turquoise avec une plage de sable fin et blanc. Nous débarquons en annexe sous un beau soleil découvrir cette petite île plate, située la plus au sud et qui fait face aux rochers des Cornouailles.

Les composantes de cette première île seront une constante durant tout notre séjour aux Scilly : calme, soleil, mer turquoise transparente, bancs de sable blanc, végétation luxuriante due au micro climat et jolis cottages coquets et fleuris. Un seul défaut : malgré la couleur de l’eau et la tiédeur de l’air, seul un bain de pied sera supporté …

Ici pas de voiture, le silence règne sur l’île, tout juste interrompu par les bavardages des oiseaux particulièrement loquaces, comme les huitriers ou les mésanges.

Après cette première étape, vers 17 heures, nous remettons les voiles , ou plutôt le moteur, pour St Mary’s, distante seulement de quelques milles.

Vers 18 heures, nous jetons l’ancre au sud de l’île, dans l’anse de Port Cressa face à Hugh Town, la ville principale de l’île.

St Mary’s est la plus peuplée et la plus grande des Scilly.

Nous partons aussitôt en annexe pour découvrir la « capitale », et surtout pour aller prendre un verre au typique pub « Mermaid Inn », à l’ambiance marine so British. Avec Martine, nous dégustons notre premier gin tonic, boisson qui fera l’objet d’un rituel pendant tout notre séjour.

Après cette halte fort agréable, nous faisons un petit détour pour retourner à l’annexe, détour qui se transformera en grande randonnée puisque nous faisons toute la boucle de la pointe extrême sud ouest de l’île. C’est sous un ciel gris, laissant parfois un peu de crachin s’échapper des nuages, que nous parcourons la lande surmontant la mer, nous passons près du Star Castle et de Morning Point Battery avant de retrouver enfin l’annexe et de rentrer dîner.

Avec ces débarquements successifs, nous apprécions réellement la possibilité de laisser l’annexe sur le portique. Plus question de revenir à la solution précédente!

Avec la marée basse, le découvrement des roches dans cette anse constituera un rappel fort pour le skipper du besoin d’une lecture détaillée des cartes et des fonds… Il n’y pas eu de risque mais le fond de roches s’est trouvé sûrement plus proche de la quille qu’estimé…

18 Mai : Au paradis des horticulteurs

Après une longue nuit bien calme, la matinée s’écoule tranquillement à bord, au mouillage: lecture, bricolage sur les batteries, connexion des câbles du panneau solaire.

Le ciel merveilleusement bleu et la température très agréable nous permettent de déjeuner dans le cockpit, avant de quitter notre mouillage pour mettre le cap sur la 3ème ile de notre périple: Tresco.

Plutôt que de contourner l’archipel par l’ouest pour nous rendre à Tresco, nous attendons le moment de marée qui nous permettra de faire route directe au nord vers New Grismby. La distance en est notablement réduite: 4 NM au lieu de 8 NM! En respectant les indications des cartes, et en progressant à vitesse réduite, nous atteignons New Grimsby à 16h30.

Nous accostons à Tresco en annexe avec l’intention de seulement faire un petit tour dans le « centre » et de boire notre gin quotidien au Ruin Beach Cafe car nous réservons le lendemain pour randonner dans l’le.

Mais pour retourner à New Grimsby, nous décidons de partir vers le nord de l’ile et nous faisons au final une boucle de 4 kilomètres à travers la lande sur un sentier escarpé, tantôt dominant les falaises faisant face aux vagues de l’atlantique, tantôt longeant des plages de sable fin ou des pâturages d’un vert intense dans lesquels paissent d’énormes taureaux.

 Nous traversons des landes de bruyères, des « forêts » de rhododendrons en fleurs, nous apercevons King Charles’s Castle puis Cromwell’s Castle, pour , enfin, retrouver notre annexe …

La grande variété de paysages, et surtout son micro climat (la température est supérieure à 10 degrés 350 jours par an) qui permet la prolifération de plantes et de fleurs font de Tresco un petit paradis très prisé et « haut de gamme ».

19 Mai : C’est la Saint Yves à Tresco

Aujourd’hui, nous continuons la découverte de Tresco, mais nous changeons de mouillage. A midi, nous partons vers Old Grimsby, pour mouiller devant la plage, face au Ruin Beach Cafe …

Old Grimsby

Un des objectifs de la croisière était de visiter cet archipel en pleine période de floraison, nous ne sommes pas déçus … Si l’île abrite l’un des plus beaux jardins d’Europe accueillant des plantes subtropicales, construit sur les ruines d’une abbaye, c’est sur l’île entière que poussent bon nombre de plantes et d’arbres exotiques qui bénéficient de la douceur du climat grâce au Gulf Stream, et qui en apprécient la terre sablonneuse et légère.

Nous parcourons cette fois les chemins du sud de l’ile en admirant la végétation, les adorables cottages fleuris et en appréciant une fois de plus le calme et la douceur.

Ici, des champs de fleurs à bulbes abrités, des zones humides et des lacs, de belles plages adossées à un système de dunes de sable, une flore de lichen omniprésente…

Les plages, qui n’ont rien à envier à celles des Caraïbes (hormis les températures), sont un terrain de jeu idéal pour de nombreuses espèces d’oiseaux: les colonies de sternes pierregarin, les huitriers bruyants et joueurs, les fous de bassan, les fulmars, les guillemots, les cormorans et même des faisans aux magnifiques couleurs.

Bien sûr, nous finissons notre balade en dégustant notre Gin Tonic quotidien, à nouveau au Ruin Beach Cafe, mais cette fois avec GAMA en toile de fond.

Nous trinquons à la santé de tous les Yves …

Retour à bord, dîner, dodo .

20 Mai : Vers St Martin

Aujourd’hui, nous allons battre notre record de distance : pour atteindre l’île suivante, St Martin, située au nord est de l’archipel, nous devons parcourir 1,2 NM!

Troisième île en terme de population, St Martin est une longue île étroite d’une superficie de 2,37 kms bordée de très belles plages de sable fin, en particulier sur la côte sud, protégée des vents de nord et exposée au soleil. C’est sur cette côte que nous jetons l’ancre, sur un plateau peu profond où les fonds de sable donnent des eaux turquoise incroyables.

Avant de partir découvrir cette nouvelle île, nous profitons du paysage depuis le bord. Au menu de cette pause; hamac, drone puis déjeuner. (Une vidéo est disponible ici)

Puis nous partons, toujours en annexe, à la découverte de ce petit paradis et de ses trois hameaux de petites maisons grises aux toits d’ardoises. On y cultive de fameuses pommes de terre, sans pesticide, on y élève des bœufs, des moutons et on y produit même un vin issu des vignes insulaires.

Nous atteignons la côte sauvage au nord, à la recherche du « Pope Hole » décrit dans les guides comme étant un lieu d’observation des phoques.

Ce « trou du pape » sera un sujet qui reviendra souvent dans nos discussions des jours suivants (et encore aujourd’hui) car certains ont montré les limites de leur accent british avec de purs Anglais, braves Anglais qui n’ont absolument pas compris qui était ce Paupaul que nous cherchions …

The ‘popehole’

Finalement, nous trouverons le ‘Pope Hole’ où nous ne verrons qu’un phoque moucheté esseulé au repos!

Nous poursuivons jusqu’à la pointe nord-est où il est impossible de rater l’amer rouge et blanc DAYMARK. Haut de 11 mètres, cet amer a été construit en 1683 sur le point le plus haut de l’île.

Puis, après notre arrêt apéro à la terrasse d’un café rustique et fort pittoresque, nous rentrons à bord, à la rame cette fois, GAMA étant tellement près de la plage qu’on aurait pu rentrer à la nage si ….

Il est temps de préparer la navigation pour demain, car nous aller quitter cet archipel de rêve pour découvrir la côte sud ouest de l’Angleterre.

21 Mai: On quitte le paradis

Vers 9h15 (FR time), nous levons l’ancre pour rejoindre notre prochaine destination: Penzance, ville balnéaire située à l’extrême pointe des Cornouailles.

Le soleil brille dans un ciel bleu uniforme, et le vent est faible pendant les 3 premières heures. Nous avons bien tenté de rester à la voile, mais la dérive avec le courant, devenue trop importante au bout de 3 heures, nous a contraints à mettre le moteur.

Nous avons le plaisir de croiser un banc de dauphins, mais ils ne nous tiendront pas longtemps compagnie.

Nous arrivons à la porte du port de Penzance à 18h30 (FR time), après avoir parcouru 36 NM … nous ne sommes pas habitués à un vitesse moyenne aussi basse …

Après avoir attendu l’ouverture de la porte du port, puis après avoir laissé la priorité aux navires de ravitaillement des Scilly et autres gros bateaux, nous voici enfin solidement amarrés dans le port, à couple avec 4 bateaux qui n’ont pas du voir le large depuis bien longtemps.

Penzance est un petit port traditionnel, où navires de plaisance côtoient les gros cargos, les ferries, les chalutiers et GAMA semble tout petit au milieu de ces géants. Après avoir escaladé nos quatre bateaux voisins, puis grimpé sur le quai à l’aide d’une échelle, nous partons faire un petit tour de ville.

La ville a un côté désuet, de nombreux magasins de « brocante » côtoient d’autres commerces « kitch ».

Après notre halte rituelle au pub, où nous avons eu le droit à un Gin Tonic « d’enfer », nous reprenons le chemin acrobatique qui nous mène à GAMA.

22 Mai: St Ives, une découverte

Pour cette deuxième journée à Penzance, nous décidons de nous rendre à St Ives, petite station balnéaire située en face de Penzance, sur la côte Nord de ce bout de Cornouailles.

Nous prenons un bus pour traverser la pointe, puis un petit train touristique qui longe la côte jusqu’à Saint Ives . Le temps est superbe et nous découvrons une côte magnifique, baignée de soleil , des plages sauvages de sable fin aux eaux caribéennes. Nous flânons dans les ruelles pentues du vieux village de pêcheurs, puis nous arpentons le wharf qui concentre l’animation de la cité avec ses bars et ses restaurants.

Il y a énormément de monde à profiter de ce premier soleil qui tape fort et nous sommes surpris de voir les terrasses bondées accueillant les clients qui cuisent en dégustant leur fish and chips. Nous, nous choisissons de nous éloigner du bord de plage et nous nous installons au frais et calme au « sea-food cafe  » où , nous aussi commandons ce plat réputé dans la station.

Après cette halte très agréable, nous reprenons notre balade et nous allons sur la pointe rocheuse au nord, dominée par la petite chapelle « St Nicholas » qui domine la baie et nous repartons par la superbe plage de Porthmeor.

Nous reprenons le bus à impériale pour rentrer à Penzance, nous sommes tout contents d’être à l’étage, au premier rang. Les jolies petites routes de campagne étroites et sinueuses sont impressionnantes vues de là haut, et la conduite à gauche augmente cette étrange impression.

Lorsque nous arrivons sur notre GAMA, nous assistons aux manœuvres de notre voisin, le Gry Marytha, un immense cargo qui a fait le plein pour l’approvisionnement des Scilly. Sa manœuvre nous a laissé rêveurs: il a réalisé la traversée du bassin tout en travers grâce à ses propulseurs latéraux.

23 Mai : c’est la Saint Didier à Helford

Tenant compte encore une fois des marées et donc des ouvertures de porte, nous partons de Penzance à 7h45 (UK time) vers l’Est, direction Helford River sous un beau soleil levant.

Nous n’allons pas bien loin, car nous nous arrêtons pour le petit déjeuner au pied du « Saint Michael’s Mount », moins imposant mais tout aussi charmant que son homologue français.

A 9 heures (UK time), nous mettons les voiles et c’est à 12 heures 50 que nous passons le Cap Lizard, le point le plus méridional de la Grande-Bretagne.

Nous croisons alors des navires étonnants…

Au terme d’une petite navigation très tranquille, nous atteignons notre but: l’estuaire de Helford River. Nous avons parcouru 38 NM.

Nous nous amarrons à une bouée au milieu de l’estuaire, face au Helford River Sailing Club. Sans plus attendre, nous voici dans l’annexe, direction la rive sud. Ici pas de village, encore moins de ville, mais un charmant hameau aux cottages au toit de chaume et des petits chemins creux fleuris.

Bonne fête!

Nous faisons notre halte rituelle et fêtons la Saint Didier au pub du sailing club sur la terrasse qui domine l’estuaire, au soleil couchant. Tout est calme et paisible …

Retour sur GAMA, délicieux repas de pommes de terre aux lardons, puis dodo.

24 mai: Un certain dépaysement à Mevagissey

Ce matin, le temps est nuageux et frais et ce n’est pas avant 11 heures que nous quittons notre bouée direction Falmouth, à 5 NM.

Mais nous ne nous arrêtons pas maintenant à Falmouth, nous continuons notre navigation en remontant la rivière Truro jusqu’à Malpas, le dernier point accessible avec notre tirant d’eau. Il y a beaucoup d’activité sur cette rivière, beaucoup de voiliers et de bateaux de plaisance à moteur, bien sûr, mais aussi des cargos, des barges, des ferries, des vedettes de transport de personnes…

Nous nous arrêtons déjeuner en accostant sur un ponton à la hauteur de Tregothnan.

Nous reprenons la barre vers 15h30 (FR Time), direction notre prochaine étape: Mevagissey, que nous atteignons après avoir parcouru 19 NM.

Le vent un peu différent des prévisions nous a obligé à descendre plus bas que prévu par le routage initial pour finir par un bord direct au plus proche de la côte.

Devant Mevagissey

Nous amarrons GAMA à la jetée du port de Mevagissey sans rien demander à personne, les quelques bouées présentes étant déjà occupées par des voiliers et surtout trop risquées pour notre tirant d’eau. Ce n’est que le lendemain matin qu’un agent du port nous dira très gentiment que l’amarrage au quai était interdit, contrairement à ce qui était indiqué dans le guide marine…

Mevagissey est un pittoresque petit village de pêcheurs toujours très actif comme le prouvent les nombreux chalutiers aux bouées colorées amarrés dans le port. (Une vidéo est disponible ici)

Nous parcourons les jolies ruelles étroites avant d’aller boire notre apéro quotidien dans le plus vieux pub du village, construit au 15ème siècle!!! L’ambiance y est joyeuse et bruyante.

Le patron, haut en couleur, fait généreusement office de banque et nous pouvons ainsi renflouer la caisse de bord.

Nous retrouvons notre GAMA, qui suit bien sagement la marée contre sa digue.

25 Mai: Fowey, que de monde!

Après une nuit bien tranquille, nous allons faire quelques provisions dans le village avant de reprendre notre périple. Nous achetons la spécialité du coin à la boulangerie: des pasties, sortes de chaussons fourrés à la viande, qui s’avéreront très bourratifs.

Le ravitaillement terminé, nous quittons Mevagissey, et mettons le cap direct sur Fowey à 11 heures (FR Time). Le faible vent très faible (entre 4 et 6 knots), nous oblige à faire une partie du trajet au moteur.

A 13h30 (FR Time), nous atteignons l’estuaire de la rivière Fowey dans lequel se niche la ville éponyme dominée par les ruines du château St Catherine.

Une grande activité règne sur cette rivière autour de la ville: à la fois port de commerce, de pêche, et port d’export de kaolinite, mais aussi ville touristique, on y croise tout ce qui peut flotter sur l’eau, de la petite embarcation à rames, canoë, kayak, aux gros yachts à moteur, aux voiliers de plaisance, aux cargos, ferries, paquebots de croisière … Ici la vie est sur l’eau, et pour tous les âges …

Nous remontons la rivière au maximum des possibilités laissées par notre tirant d’eau en admirant les plages et le paysage qui défilent sous nos yeux, et nous faisons une halte déjeuner en appontant au milieu de la rivière.

Vers 15h, nous allons prendre une bouée visiteur face à la ville de Fowey. C’est le week-end, le temps est superbe, et les places libres sont déjà prises d’assaut. Non loin de nous, un énorme paquebot de croisière est à l’ancre et ses navettes déversent leurs flots de touristes vers la ville.

Nous assistons également à une régate de vieux voiliers dont le trajet passe au ras de GAMA. Quelle animation dans cet endroit !!!

A notre tour, nous mettons l’annexe à l’eau pour aller visiter la ville. et parcourir ses ruelles. Nous montons sur les hauteurs pour avoir un point de vue sur l’estuaire et sur GAMA.

Puis nous nous posons à une terrasse ensoleillée pour sacrifier à notre apéritif rituel. Au moment de reprendre l’annexe, nous voyons qu’un voilier s’est mis à couple avec GAMA. Les personnes du port nous expliquent que que les bouées peuvent accepter jusqu’à 4 voiliers. C’est donc une pratique très courante ici.

De retour au bateau, une autre animation nous attend: le départ de notre voisin, le paquebot de croisière le Hanseatic. Impressionnant de voir ce monstre manœuvrer à côté de nous …

Le soir tombant, toute l’agitation se calme et la nuit est bien tranquille.

26 Mai: De plus en plus grand… Plymouth

Nous quittons l’effervescence de Fowey vers 11h, après avoir assisté aux nouvelles épreuves de la régate, direction Plymouth.

En route, nous tentons de faire une pause dans le petit port de pêche de Polperro, mais il y déjà 2 voiliers sur les 2 bouées disponibles, de plus, la houle bien présente à l’entrée de la baie rend son accès périlleux.

Nous poursuivons donc sans nous arrêter jusqu’à Plymouth que nous atteignons à 16H15, après avoir parcouru 31 NM sous la grisaille, mais portés par un vent favorable.

Nous accostons à la très chic Marina Mayflower, un peu excentrée, et nous partons à pied dans le centre de Plymouth. Puis nous faisons une balade sur le front de mer avant de rentrer à la marina.

Il semble que la caractéristique de cette marina tienne aux douches XXL et à la salle de bain (avec baignoire!) qui l’équipe. Bon… Nous avons été incapables de trouver ces douches le soir de notre arrivée et nous avons utilisé les douches publiques… no comment! Nous nous rattraperons le lendemain matin.

Conclusion personnelle sur cette visite express: la ville semble se métamorphoser mais il reste du travail à accomplir …

27 Mai: Salcombe

Nous quittons Plymouth à 11h15 (FR Time), cap au 115 direction Salcombe pour un parcours de 20 NM environ. Le vent est OSO entre 15 et 20 knots, par précaution, nous prenons un ris dans la grand voile et ne déroulons pas entièrement le génois pour plus de confort.

Salcombe située à l’entrée d’un estuaire dans une rade bien protégée des vents dominants d’ouest est un haut-lieu de la plaisance.

Par contre l’accès peut être rendu difficile, voire infranchissable dans certaines conditions, par les courants  qui au plus fort de la mi marée  peuvent atteindre 3 noeuds et par la présence à l’embouchure d’un banc de sable qui, par coup de vent de secteur sud, donne naissance à une dangereuse barre.

Mais les hommes avaient bien étudié la route, et à 15 heures, nous prenons une bouée face à la ville.

Mouillage à Salcombe

Salcombe est un paradis pour les sports nautiques et ici encore, toutes sortes d’embarcations circulent en permanence dans l’estuaire.

ll bénéficie également de magnifiques plages de sable doré baignées par une eau transparente.

Nous faisons notre visite habituelle de cette jolie station balnéaire très très animée, débordant de pubs et de restaurants proposant le fameux fish and ships aux nombreux touristes. Mais nous nous contentons de déguster notre gin quotidien en terrasse avant de reprendre l’annexe perdue au milieu d’un nombre incroyable d’autres annexes … et nous rentrons dîner en paix sur GAMA.

28 Mai: Le calme dans Dart River

Aujourd’hui encore, petite étape tranquille: nous partons pour Dartmouth situé à environ 20 milles.

Nous quittons Salcombe à 10h30 (FR Time), remontons un peu la rivière, puis demi tour pour reprendre la mer. Nous passons à nouveau la barre sans problème.

Les vents sont variables, nous progressons tranquillement à une vitesse variant entre 3 et 9 knots …

Nous arrivons à l’embouchure de la rivière DART à 14H30 et commençons sa remontée, en passant devant le port de Dartmouth aux jolies maisons de pêcheurs couleur pastel puis devant le centre de formation des officiers de la Royal Navy. Nous montons toujours vers le nord en admirant les rives et les cottages nichés dans la verdure. Nous atteignons les limites possible de navigation pour GAMA à 15H30 et nous décidons de prendre une bouée et de passer la nuit dans cet environnement si paisible.

Etant éloigné de Dartmouth, dans la rivière Dart, le lieu de mouillage est très calme et s’avère un plan d’eau très agréable pour la voile légère. (Une vidéo est disponible ici)

Au programme lecture, drone, pêche (un peu) et sieste (beaucoup) …

Les hommes préparent aussi la navigation du lendemain, car il est temps de songer au retour et nous voulons faire une escale à Guernesey.

Cette traversée s’annonce un peu « chaude » car les prévisions météorologiques annoncent un vent moyen de 25 knots, mais le fait que le vent soit favorable et n’amplifie pas la houle est un élément dans notre choix de partir. Dans le cas contraire cela aurait été trop sportif pour l’équipage.

29 Mai: Beaucette!

Nous avons environ 68 NM à parcourir jusqu’à la charmante marina de Beaucette que nous avions repérée l’année dernière.

Cette marina étant accessible uniquement à + ou- 3 heures de la marée haute, nous quittons notre mouillage dans le Dart à 5h15 (FR Time) pour être certains d’être dans les temps pour y accéder.

A la sorti de la rivière, nous profitons du lever du soleil sur la mer, un moment toujours aussi magique.

Durant le parcours sous la grisaille accompagnée de quelques ondées, nous subissons des rafales allant jusqu’à 35 knots, qui font gîter GAMA sans qu’il ne s’en inquiète outre mesure …

Nous rencontrons peu de trafic au moment du passage dans les couloirs entre les zones du Dispositif de Séparation de Trafic (DST).

GAMA réagit très bien dans ces conditions de vent fort et nous sommes en vue de Beaucette à 17h15 (FR time) alors qu’une légère brume s’est levée.

L’accès à la marina se fait en passant entre 2 hautes falaises dynamitées à sa création pour faire une entrée entre la mer et l’ancienne carrière de Beaucette. C’est très impressionnant , mais le capitaine gère la manœuvre et c’est sans problème que nous nous mettons à quai.

Ce soir, nous ne bougeons pas, nous passons une soirée tranquille sur GAMA, après cette longue navigation demandant beaucoup d’attention. (Une vidéo est disponible ici)

30 Mai: Le charme de Guernsey

Au matin, le temps est à nouveau au beau fixe et c’est sous un beau ciel bleu que nous entamons une marche bucolique, direction St Peter Port, capitale de Guernsey située à 8 km de Beaucette. Nous coupons par le centre de l’île en prenant des petits chemins et une fois de plus nous sommes admiratifs devant le charme des cottages tellement coquets et fleuris.

A St Peter Port, l’ambiance est moins calme, il y a de nombreux visiteurs, et ici aussi, un paquebot de croisière déverse son flot de touristes. La régate du Tresco Trophée est arrivée depuis quelques heures et il y a de l’animation sur les pontons et de nombreux mouvements dans le bassin.

Nous faisons notre pause déjeuner au restaurant « Christies », situé en retrait du front de mer et nous dégustons notre deuxième fish and chips … Un peu de shopping au centre ville, une balade sur le chemin côtier en direction du Sud, et il est temps de rentrer à notre d’attache. Nous prenons le bus et nous avons à nouveau le plaisir d’être à l’étage aux premières loges pour traverser l’île.

Encore une bonne soirée dans une bonne ambiance sur le bateau, avant de passer notre dernière nuit et retrouver la Bretagne.

31 Mai: tout dans le calme sous spi

Nous quittons Beaucette à 9h15 (FR Time) par un vent très faible, environ 5 knots, ce qui sera l’occasion d’utiliser le Spinaker pendant plusieurs heures.

Le calme relatif de la mer est aussi l’occasion d’essayer le drone en navigation. Un peu de stress…

La traversée est tranquille et très agréable. C’est à 19H30 que nous atteignons notre but: le cap d’Erquy et notre mouillage à la Pointe des Trois Pierres.

Le soleil couchant donne de magnifiques couleurs dorées à la falaise et nous profitons tranquillement de ce beau spectacle en dînant dans le cockpit.

1 juin: et c’est le retour final…

Et voilà, il est temps de retrouver Binic, mais nous avons encore le temps, la porte ne sera ouverte qu’à partir de 18h30, mais nous ne pourrons rentrer qu’après tous les vieux gréements présents dans le port à l’occasion de la fête de la morue.

Nous levons l’ancre à 14 heures et attendons l’autorisation d’entrer dans le port devant la plage de Pordic à partir de 16H30.

Ce n’est qu’à 19 heures que nous pouvons enfin rejoindre notre place et que nous découvrons l’animation et l’ambiance qui règnent sur les quais. Il fait très chaud et la fête a attiré bon nombre de visiteurs.

Nous terminons la soirée en admirant le feu d’artifice du cockpit

En conclusion: Une merveilleuse croisière, pleine de belles découvertes, du bonheur, de la bonne humeur et beaucoup de très beaux souvenirs!

Quelques indicateurs pour notre croisière:

Environ 100 litres de gasoil consommés pour ces 17 jours

37 heures de navigation au moteur.

480 Miles parcourus

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