Que faire en Août: Sercq or Sark?

Souhaitant découvrir en mode duo les îles de l’archipel Anglo-normand, nous décidons de découvrir une île qui nous a été souvent vantée: Sercq! (Sark in English).

C’est une petite île de 5,4 Km² proche de Guernesey, comptant 550 habitants, et où il n’y a ni voitures ni camions, seulement des calèches et des vélos, et aussi quelques tracteurs.

Ce sera donc l’objectif principal de notre sortie de 4 jours qui va nous réserver encore une fois des surprises … mais heureusement le dernier jour et nous aurons pu profiter pleinement de cette croisière.

Le 31 juillet, à 8 heures, nous quittons donc Binic, direction Sercq.

Nous bénéficions d’un vent faible (10 Knots en moyenne) associé à un courant qui nous aide dans un 1er temps. Mais le vent s’essouffle à quasi mi-parcours au niveau du plateau des Roches Douvres. Nous profitons alors de ces conditions pour installer le tangon sur le génois. Même si le montage n’est pas académique, le gain est important avec ce vent arrière, néanmoins la remontée du vent lors d’un passage pluvieux va ‘justifier’ le retrait du tangon, manœuvre effectuée dans des conditions quelque peu acrobatiques…

Passé le grain, le vent faiblit de nouveau et ce sera au moteur que nous rallions Sercq. Cela fait aussi partie des joies de la voile.

En approche de Sercq

Arrivés à proximité de l’île par l’Ouest, nous cherchons notre mouillage. De loin, l’île entourée de falaises semble quelque peu inhospitalière et une houle d’ouest est bien installée à l’approche des falaises.

Les 2 premières possibilités sont jugées mal protégées. Nous profitons de cette recherche pour passer près de la petite île privée de Brecqhou, qui appartient aux richissimes frères Barclay et sur laquelle ils ont érigé une forteresse. D’ailleurs, wikipedia ne mentionne que 2 habitants sur l’île.

Pour éviter cette houle d’ouest, nous contournons l’île par le nord, et à 19 heures, nous prenons une bouée tout juste libérée par un voilier en partance au mouillage de la Grève de la Ville au nord-est de l’île.

Nous passons la nuit à rouler gentiment malgré l’absence totale de vent, car ici aussi la houle est présente. Mais nous avons un mouillage sûr et nous passons une nuit sereine, bercés (secoués?) par les vagues.

Mouillage 5* à La Grève de la Ville

Le lendemain, la marée est basse lorsque nous partons en annexe vers la mini-plage qui s’est découverte avec la marée. Mais pour être certain de retrouver notre annexe à notre retour, nous devons la monter assez haut sur la falaise par un petit escalier abrupt.

Vue du mouillage La grève de la Ville à Sark
Quoi faire de l’annexe au mouillage de la Grève de la Ville

Nous nous dirigeons vers le village et son « Avenue » en terre battue, bordée de quelques rares magasins de souvenirs, de quelques restaurants et hôtels et un post office. Nous croisons les premiers visiteurs journaliers amenés par les ferries depuis Guernsey ou Jersey. La densité est néanmoins moindre qu’à Bréhat!

L »Avenue  » du « Village »
Le magasin typique dans l’avenue

Puis nous partons vers l’ouest en direction de »Little Sark », partie distincte l’île, reliée par « la Coupée », un isthme qui ne fait que 3 mètres de large dans sa partie supérieure, bordés des deux côtés par un à pic d’une centaine de mètres.

L’autoroute direction la Coupée

Nous parcourons la lande qui surplombe les falaises sur Little Sark , et nous allons jusqu’à la pointe sud de l’île.

Au retour, nous nous arrêtons au restaurant « La Sablonnerie ». Nous sommes surpris de découvrir un tel restaurant loin de tout: des tables dressées dans un adorable jardin « à l’anglaise », un service irréprochable et surtout, un homard grillé (de la pêche du matin, nous a précisé la propriétaire haute en couleurs).

Il ne reste rien …

Après cette pause plus qu’agréable, nous repartons à la découverte de l’île, mais cette fois nous quittons « la grande route » pour longer la côte par un petit sentier de randonnée.

Sark Henge

L’île est aussi connue comme l’île aux papillons.

Au terme d’une promenade de plus de 12 km, incluant une halte au Mermaid local, nous rejoignons notre annexe.

Départ le lendemain vers 8h30 et, tenant compte du peu de vent, nous prévoyons de partir uniquement au moteur. Destination, un de nos nouveaux hôtels: Beaucette. Il n’y a pas de vent mais un fort courant de marée (+ 5 knots), qui nous est contraire dans Big Russel, transforme la ligne droite prévue pour atteindre notre but en arc de cercle !

Nous atteignons Beaucette vers 11h, peu avant la ‘fermeture’ du seuil.

L’arrivée à Beaucette

Le lendemain, nous partons à pieds vers Saint Peter (7 kilomètres ) en traversant la riante campagne guerneseyse et ses jolis cottages fleuris sous un beau soleil.

A Saint Peter, nous dégustons le traditionnel fish and chips, et une moins traditionnelle, mais tout aussi délicieuse, « bouillabaisse thaï ».

Excellent déjeuner à Saint Peter

Après un peu de shopping dans la ville très animée en ce beau jour d’Août, nous prenons un bus qui fait le tour de l’île pour rentrer à Beaucette.

Au hasard du circuit en bus autour de Guernsey

Le matin du 3 août, nous quittons la Marina de Beaucette à 9h. Le courant nous est légèrement défavorable jusqu’au niveau de Saint Peter, moment ou nous touchons un peu de vent. Cela ne va pas durer, donc retour au moteur considérant qu’il faut atteindre Binic entre 20h et 23h30, ouverture de la porte oblige.

A environ 2 NM au sud de Guernsey, nous rencontrons un 1er groupe d’algues mais sur le 2ème, en dégageant l’hélice, le moteur s’emballe sans qu’il y ait un soupçon de propulsion. Le 1er avis est que nous avons encore un souci avec notre inverseur, comme lors de la croisière d’Avril.

Après avoir réalisé les différentes actions qui nous ont dépannés en avril, il faut bien se rendre à l’évidence que la propulsion est hors service. Cela à plus de 55 MN de Binic!

Ce sera une traversée ‘fun’ mais très instructive sur l’utilisation des vents faibles et surtout des courants. Nous arriverons à Binic à 21h45, pile à côté du feu d’entrée du port de Binic.

Binic! Sauvés!

Nous avions pris soin d’appeler la capitainerie dans l’après midi pour les prévenir de notre arrivée sans moteur, et leur demander un accompagnement à notre place. Julien vient donc gentiment avec son zodiac nous prendre à couple pour mener tranquillement GAMA à sa place.

Le capitaine est ravi de cette nouvelle expérience de rentrer uniquement à la voile, sans une once de vent …

Le lendemain, le capitaine plonge sous le bateau pour inspecter l’hélice, et constate que celle-ci a tout bonnement disparu !!!

Il faut donc envisager son remplacement, une tripale sera installée…

Au lieu de sortir GAMA à l’aide d’une grue, ce qui n’est pas possible à Binic, notre voisin de ponton, Thierry, nous propose d’emmener GAMA à la jetée du port à sec de Binic et de procéder au montage de l’hélice à marée basse. Ce qui donnera lieu à de belles images! Encore merci à Yvon et Thierry pour leur aide très précieuse.

La suite dans de prochaines aventures…

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