Juste avant le reconfinement…

La traditionnelle sortie d’octobre a eu lieu fin octobre 2020. Même si elle était prévue de longue date, les contraintes professionnelles d’un des équipiers l’ont empêché de nous rejoindre. L’équipage définitif est donc composé de Jacques, Gilbert, Yannick et Yvon. Et de moi-même!

Comme chaque année, les préparatifs de nos femmes adorées nous ont permis de disposer d’un avitaillement hors concours! Des petits plats (sauté de porc – porc au curry – filet mignon, etc, et knacki!), du fromage en quantité; des saucissons, de la crème Mont Blanc (pour les passionnés), etc. Et des pâtes! M’est d’avis que nos talents culinaires sont inversement proportionnels à nos ‘qualités de marins’!

De même, les restrictions de navigation nous limitent à la côté française. Si l’on y ajoute les conditions météo, nous avons dû renoncer à plusieurs destinations, par exemple Port Blanc. Nous décidons de caboter dans la baie dans le Golfe Normand Breton. Peu de miles mais les conditions vont rendre la croisière divertissante!

Cette année, il n’y aura pas de vues aériennes, le nouveau drone a un problème de stabilité de nacelle. Pas de chance…

Avec les limitations de l’ouverture de la porte du port de Binic liées aux hauteurs d’eau, nous avons sorti GAMA dès le jeudi pour un départ prévu samedi matin.

Au départ de Binic

De notre côté, nous profitons des 2 jours d’avant le départ pour réaliser des travaux dans notre maison.

La croisière commence le vendredi soir avec l’arrivée des 3 premiers membres d’équipage, elle commence surtout par un diner à bord! I Seul manque Yannick qui va embarquer à Saint Malo. ‘Tradition oblige’, la femme du capitaine sera priée de quitter le bord sous ‘peine de corvée cuisine’ pendant la croisière!

Gilbert, Jacques, Yvon et la femme du Capitaine!

Départ de Saint Quay

Le départ se fait au lever du jour, c’est un moment privilégié lors duquel nous pouvons admirer les fantastiques couleurs du lever du jour. Cela vaut largement le coucher de soleil.

Le plateau de Saint Quay est laissé par tribord et nous filons vers Saint Malo. Même si les conditions sont bonnes (avec néanmoins des rafales à plus de 40 kn), cela n’empêche pas que des rangements ‘approximatifs’ soient révélés, les bananes sont volantes cette année! D’un bord à l’autre!

Les 36 miles du parcours sont parcourus en moins de 5 heures. Nous arrivons à Saint Malo – Les Sablons et déjà une première ‘petite’ surprise: les pontons visiteurs ont migrés depuis notre dernière visite de septembre! Nous occupons une place réservée aux pêcheurs professionnels.

Tout d’abord, la capitainerie nous demande de changer de place et de rejoindre un bout de ponton. Malheureusement, ils sont déjà occupés… Ca doit être une question de mise à jour informatique… En seconde négociation, et compte tenu du fort vent de travers qui compliquerait le changement, la capitainerie accepte que nous restions à la place. Celle-ci a aussi l’avantage d’être plus éloignée de l’entrée du port, nous évitant ainsi le bruit du ferry et l’inconvénient de la houle. J’ai encore en souvenir notre nuit passée sur le même ponton en septembre..

Le dimanche matin, nous confirmons notre destination: Les îles Chausey. Même si nous les avons déjà visitées l’année dernière, la période et surtout les habitants rendent la destination très intéressante. La météo est plus clémente en cette matinée. Les préparatifs du départ se font tranquillement.

Si l’idée initiale est d’emprunter le Chenal de la Bigne direction Nord Est longeant la fameux Sillon, nous n’allons pouvoir tenir ce cap au 52° du fait du vent. Nous partons plein nord après Les Létruns en tentant de tenir un près serré pour une arrivée directe sur le Sound de Chausey.

Gilbert, comme chaque année!, envoie des mètres de ligne de traine, mais… Surprise! pour en savoir plus il faudra attendre la fin du récit….

Chausey!

Malgré tous les efforts de Yannick, il nous faudra tirer un bord au sud de Chausey pour rejoindre l’entrée du Sound. La prise de bouée se fera sans soucis, juste à temps pour s’abriter d’une bonne averse! Bienvenue à Chausey, en Normandie!

Après un déjeuner prélevé sur le stock de petits plats, nous allons à terre.

Nous y rencontrons de nouveaux habitants, habillés tout de noir. Nous pourrons aussi profiter d’une très belle éclaircie du Granville capturée par le grand zoom.

Après Chausey

L’abri dans le Sound nous a bien protégé du vent, mais, au réveil à 6h30, il faut se rendre à l’évidence, le vent n’a pas faibli. Le ‘Boss’, depuis sa couchette, argumente pour un départ différé! Retour au lit jusqu’à une heure de réveil plus décente.

En étudiant les possibilités, nous avons vite compris que les conditions allaient peu changer pendant la journée. Nous partons à 10h30, direction Cancale.

La houle sera sympatique avec de beaux creux, le vent soufflant de travers à souvent plus de 35 knots, donc de bonnes conditions. Le bateau étant bien équilibré, tout s’est bien passé. A 13h, nous choisissons une première bouée dans l’anse de Port Pican, mais, avec un test de marche arrière, il est évident qu’elle n’offre pas le maintien suffisant à GAMA. Nous jetons notre bout sur une bouée qui nous semble plus appropriée. Nous y resterons.

Rapidement, l’annexe est mise à l’eau et nous prenons le chemin de ronde qui nous permet de rejoindre Cancale. Cet ancien chemin de douaniers est le GR34 et nous allons bénéficier de superbes points de vue, en particulier sur la grande rade de Cancale, l’île des Rimains et finalement, au bout du chemin, sur Cancale.

 

Le réconfort après cette ‘longue’ marche se fera via une crêpe et un bolée de cidre. A la tombée de la nuit, le retour vers GAMA sera plus direct via la route. Ouf, l’annexe est toujours là. A peine embarqués, nous subissons un grain qui va finir de nous humidifier! Nous allons avoir du mal à sécher nos vêtements et chaussures. Il faudra attendre le prochain port pour bénéficier du chauffage.

C'est fin devant Saint Malo!

Le lendemain de cette charmante escale, nous libérons les amarres vers 9h45, direction le Barrage de la Rance puis Plouer sur Rance. Cette navigation sera aussi intéressante que celle de la veille avec un parcours qui nous fait passer devant le Sillon. Mais avant d’y arriver, il faut bien viser pour prendre le Chenal de la Bigne. Ca ne sera pas si facile avec des rafales à plus de 45 kn et des pointes à plus de 9 noeuds. Mais l’équipage sera au niveau avec des virements exécutés dans les règles. Vérifiez sur la carte ci-dessous la trace de cette partie de notre parcours du jour.

Nous allons déjeuner au mouillage dans la rade de Dinard en attendant d’emprunter le barrage de la Rance. Le passage par lui-même se passera bien, mais nous allons subir un grain relativement violent en sortie du barrage.

La ‘remontée‘ de la Rance vers Plouer sera agréable, nous profitons d’un point de vue peu fréquents sur de beaux villages comme Saint Suliac. Le passage sous les ponts Chateaubriand (RN176) et St Hubert est moins impressionnant que le passage sous le pont de Lézardrieux, même si leur tirant d’air (respectivement 23 et 20 mètres) doit obliger à être prudent dans certains cas.

L’arrivée à Plouer sur Rance est tranquille, pas de vent, pas une ride sur l’eau! A noter l’accueil très sympatique de la Capitainerie et des sanitaires haut de gamme. Une attention particulière doit porter sur les 2 perches latérales marquant l’accès au bassin. Ce n’est pas large, un peu plus large que Perros Guirec quand même.

Le séchage des vêtements peut commencer et direction la douche! Une innovation pour cet équipage, le repas sera préparé avec l’utilisation du BBQ! Il ne manque plus, à bord, que la machine à laver!

Le calme de cette halte sera l’occasion de préparer une voile d’avant jamais installée, un Inter. L’étai largable est un peu coincé par le sel, mais les efforts du Boss, et un peu de dégrippant, vont permettre de faire l’installation. L’Inter est ferlé en perspective de la navigation rapidement musclée de demain lors de la traversée de la Baie de Saint Brieuc.

Direction Saint Cast! Qui l'eut cru...

A notre départ de Plouer à 9h45, la destination est (encore) l’archipel des Hébihens. Peu à bord connaissent ce lieu paradisiaque, pourvu qu’il n’y ait pas de trop de houle…

Mais tout cela passe par un passage retour dans le Barrage de la Rance. Devant partir avant 10h30 de Plouer (passage du seuil), nous arrivons bien trop tôt devant la Barrage et nous devons attendre quasiment 2 heures avant de pouvoir passer. La prise de bouée sous voile ne sera pas possible et nous nous rabattons vers une des bouées standard d’attente. 

A 12h40, nous pouvons entrer dans l’écluse pour un passage à 13h. Nous avons de la chance car le coefficient de marée autorise un niveau de 2 mètres dans l’écluse, à 20 cm près, on aurait du patienter jusqu’à 15 heures (pas de passage à 14, 17 et 18 h pour ne pas perturber trop sérieusement le trafic routier).

Dès que l’étrave a passé la fin de la rade de Saint Malo, nous comprenons qu’il n’y aura pas beaucoup de voiliers sur l’eau!  Ca souffle et ca bouge!

Nous allons croiser un chalutier dont la cargaison nous laisse rêveur…

Pendant que Yannick est à la barre, nous sommes occupés à observer un entrainement d’héliportage au large. Arrivé en vue de Saint Cast le Guildo, le navire Corsaires de St Malo reprendra la direction de Saint Malo, exercice visiblement terminé.

Rapidement, notre idée de passer une nuit au mouillage aux Hébihens, qui a évolué dans la matinée en un arrêt visite express de l’archipel, sera revue du fait des conditions vent / mer qui ne nous sont pas favorables. A 16h, nous étions à peine dans l’axe du passage d’accès aux Hébihens! Il suffit de jeter un oeil à la trace ci-dessous pour voir que, le seul point de chute raisonnable, est le port de Saint Cast le Guildo. Après avoir refusé d’y aller depuis 2 ans, juste par un principe ‘personnel’, je dois me résoudre à y jeter les amarres de GAMA.

Maigre consolation, l’Inter apporte un vrai gain sur la performance globale du bateau. A prévoir systématiquement en cas de gros temps.

La navigation continue donc en tirant plusieurs bords jusqu’à Saint Cast que nous touchons à 17h. Peu de places visiteurs car la capitainerie a déplacé des bateaux du ponton d’entrée, trop exposé, vers le ponton visiteurs.

Retour à Binic en mode 'accéléré'

Encore une fois, notre plan va être modifié! Au lieu de faire escale dans le Trieux, proche de à Lézardrieux, puis de finir la croisière par un retour sur Binic le jour suivant, nous allons rentrer directement à Binic!

Le départ de Saint Cast et la première partie du parcours jusqu’aux abords du Grand Lejon se passent bien. Nous pouvons établir le génois en même temps que l’inter. C’est relativement efficace et très esthétique!

Au niveau du Grand Lejon, une alerte émise par un ami nous fait changer de plan et donc de rentrer à Binic pour ne pas risquer de rester dehors si le port de Binic fermait ses portes le jeudi soir suite aux nouvelles directives liées au confinement phase 2. A posteriori, on imagine difficilement le port refuser son accès à un de ses bateaux, mais sait-on jamais…

C’est donc retour vers Binic, mais ces dernier miles vont nous réserver 2 belles surprises.

La première est la fantastique pêche réalisée par Gilbert! Un (1) pauvre maquereau qui s’est trouvé accroché à l’hameçon de la traine sans que l’on sache vraiment comment et pourquoi!!

La seconde surprise est toute différente. Pas besoin de commenter, la copie d’écran de la trace suffira pour comprendre l’accumulation d’erreurs. Entre une carte numérique fausse, le fait d’ignorer la recommandation de passage (ici à l’Ouest), le manque de confirmation d’un passage clair en regardant la carte papier (qui est correcte) et une trop grande confiance, Gilbert nous désigne un haut fond très visible alors qu’il est absent sur la carte numérique!

Le niveau d’eau étant à ce moment à 3 mètres, et la sonde dépassant de 3m10 au plus bas, nous avons eu de la chance de passer au ‘bon endroit’… En attendant de recevoir une carte révisée, il a été placé un symbole d’avertissement su la carte (“Sonde négative…”).

Remis de cette surprise, nous rentrons tranquillement… pour un dernier diner et du nettoyage!

Merci à tous!

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